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Dr Alain GOUIFFES 10.2011


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Article paru en Avril 2011 dans "convergence", magazine d'information du GHH
Recherche RRAPP
La recherche inter-champs
Precapsy , vendredi 21 décembre 2012 - 10:41:30 // commentaires: 14

5èmme Journée Nationale des EMPP  « RECHERCHE : FAUT TROUVER ! »
La recherche inter-champs 
Intervention de Francis ABRAHAM, cadre de santé UMAPPP-RRAPP ROUEN

Cette 5ème journée nationale des EMPP, consacrée à la recherche dans les EMPP, nous donne l’occasion d’échanger sur (ce qu’on a appelé dans nos discussions en interne) la recherche inter-champs.
Il ne s’agit pas toujours, pas souvent,  d’une forme de recherche académique, respectant la méthodologie et les codes universitaires, validée par les Institutions.
Mais il s’agit de l’ensemble la réflexion et de la production des acteurs des EMPP sur leurs pratiques de soins.
Ces professionnels, confrontés à des situations de soins tenant à une organisation nouvelle (les permanences, la mobilité, le travail en réseau, etc.) ont dû inventer et/ou adapter une pratique soignante originale.
On trouve donc des écrits très récents sur le sujet : des textes de psychologues, de médecins, de travailleurs sociaux, d’infirmières.
Mais ce qui nous est sûrement relativement spécifique, concerne les sujets de recherche traités de manière pluri professionnelle et inter-champs. C’est en effet une manière de penser qui reflète assez bien notre manière d’appréhender les situations : c'est-à-dire en approche collective et dans une mixité sanitaire et sociale.

Un détour du côté de la recherche infirmière  

Nous assistons à des avancées très actuelles en la matière, qui ouvrent la possibilité de  recherche universitaire en sciences infirmières. Si la France accuse un certain retard par rapport  à d’autres pays anglo-saxons la recherche infirmière se trouve aujourd’hui dynamisée par la toute récente réforme des études.  
Aujourd’hui, de la licence au doctorat, les études en soins infirmiers sont susceptibles d’offrir aux étudiants un cursus approfondi de bac + 3 à bac + 8.
 
  • Reconnaissance au grade de licence du diplôme d’Etat en soins infirmiers, mise en place en juillet 2009, a déjà permis une avancée importante. Cela concerne donc les infirmières diplômées depuis 2012.
 
  • Dans la foulée, la mise en place à la rentrée 2009, d’un nouveau référentiel de formation initiale a officialisé l’entrée des études infirmières dans le système licence-master-doctorat (LMD).
 
Dans le cadre de cette réforme,  les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) se sont engagés dans un processus de rapprochement avec les universités :

Ø
     
Un pan plus universitaire dans les contenus de formation (+ d’apports dits fondamentaux par des universitaires), dans sa forme (dispensation des savoirs plus universitaires, présence facultative, travail personnel, autonomie).

Ø      Un volet « Initiation à la recherche » identifié comme tel.

Ø      Une validation des compétences et des acquis validée en ECTS. Cette discipline universitaire en construction (des masters et des doctorats ouvrent en septembre prochain), donne la possibilité aux infirmières de développer la construction de leurs propres savoirs.  


En EMPP, les sujets de recherche relèvent essentiellement du rôle propre, lorsque le soignant travaille en autonomie. En autonomie certes, mais constamment adossé à  l’équipe et nécessairement en articulation avec les pratiques existantes des autres champs d’intervention.      

1.    des sujets de recherche inter-champs en empp 
 

1-     Les questions psy qui émergent dans les EMPP relèvent potentiellement de tout le champ psychiatrique.   

a.
     
Parce qu’on retrouve bien sûr dans  le public soigné dans les EMPP les mêmes groupes de personnes atteintes de pathologies psychiatriques connues des professionnels de la psy. Même si ces personnes peuvent présenter des particularités symptomatologiques dues à leur mode de vie (Je ne dispose pas des compétences suffisantes pour en parler aujourd’hui, ce pourrait être un sujet de recherche : rencontre-t-on des gens souffrant d’auto-exclusion ?). Les observations soignantes font appel aux mêmes références cliniques dans une unité de soins ou une autre.  Et c’est bien pour avoir cette lecture clinique complémentaire que les travailleurs sociaux font appel à nous.   

b.      Parce que, où que l’on se situe en psychiatrie, on travaille autour et avec les mêmes fondamentaux : l’accueil individualisé, l’accueil adapté, l’analyse des besoins (fondamentaux), la demande de soins, l’écoute, le traitement par la  parole, la relation de confiance, le secret, le partage, etc.   

c.      Par exemple, nous avons tous rencontré une même personne tantôt en situation de grande précarité, tantôt dans des conditions d’insertion plus favorables. 
Autre exemple phare (qui pourrait faire l’objet de nombreux sujets de recherche infirmière notamment): L’accueil d’une personne malade psychiatrique en situation de grande précarité.
Toute la réflexion et la construction produite sur le sujet en unité mobile doit profiter aux professionnels d’autres unités de soins psy (Courts et longs séjours par exemple). On sait par expérience que, en raison  de préoccupations immédiates liées aux contraintes en permanence aigues dans les unités d’hospitalisation, cet accueil de l’Exclu peut parfois pêcher et entraver l’accès aux soins. (Incurie, alcoolisations, pseudo demandes d’aide sociale, parasitage du besoin de soins avec une demande d’hébergement associée, hospitalisations refuges, etc.). Passer à côté de l’accueil peut aboutir parfois à une sortie médicale, qui vient alors renforcer le doute chez le soignant du besoin de soins de la personne, pourtant extrêmement vulnérable.  
  


2-     Du fait de la nature du public (précaire), les acteurs d’EMPP ont davantage l’obligation de travailler en partenariat.

a.      Le public précaire, exclu, est en général peu en demande de soins ; et parmi eux les malades psy le sont encore moins.

b.      Ces personnes nous sont le plus souvent adressées en première intention par les travailleurs sociaux.

c.      Sans la prise en charge sociale, (presque) pas de prise en charge psy. Il y a interdépendance.

d.      L’accompagnement social prévaut souvent dans les demandes des exclus (hébergement, sécurité, alimentation, etc.) avant la demande des besoins de santé. Mais les demandes et les réponses possibles sont perturbées, polluées par l’envahissement de troubles psychiques.

e.      On constate que la place de la psychiatrie dans ces accompagnements multi partenariaux est souvent modeste, voire ténue. Elle est néanmoins  importante, nécessaire, indispensable( ?) parfois pour protéger les personnes.

f.        Donc, le sujet de recherche s’adapte à  cette réalité. Il s’agit d’une étude inter-champ, +/- pilotée par un professionnel (social ou psy) avec des déterminants sociaux et psy. Une des difficultés est en revanche d’éviter l’amalgame des prises en charge sociale et psychiatriques, si elles sont étroitement intriquées, elles restent spécifiques et singulières l’une et l’autre. Un sujet de recherche complètement extrait du contexte de travail en réseau pourrait s’avérer plus stérile.  

3-     Dans le champ de la psy-précarité, il existe un savoir spécifique.  

a.      Qui concerne les infirmiers et tous les professionnels. Développé à partir d’une pratique originale sur certains points. (Les permanences de soins, la constance, l’aller vers, le travail partenarial, la clinique des errants, etc.). Ces connaissances ont à voir avec le type d’accompagnement et de soins dont bénéficient le public soigné (parcours d’errance et de crise). 

b.      Comme sûrement c’est le cas pour toutes les pratiques professionnelles récentes (dans leurs modalités), on assiste à de nombreuses initiatives innovantes, des essais, dans le champ soignant. C’est aussi un contexte favorable pour penser et tenter de nouvelles organisations de travail. Quelques ex :    Binôme TS/infirmière,     Maraudes,    Articulation travail de secteur/EMPP,   Interventions CHRS et CADAS,    Responsabilité infirmière.

c.      Les prises en charge sont (par définition des missions) temporaires en EMPP.

d.      On assiste à une déperdition de ces savoirs, notamment infirmiers, relatifs aux soins destinés aux personnes exclues. Traditionnellement, ces transmissions sont le plus souvent orales. Les jeunes recrues sont souvent formées sur le terrain, par échanges verbaux sur les pratiques et par imitation. Ce risque de déperdition est aggravé par une GRH encourageant souvent la mobilité professionnelle.
On a constaté il y a 2 ans à l’UMAPPP que l’équipe s’est retrouvée en difficulté après avoir vu son effectif infirmier renouvelé aux 3/4 : déstabilisation et flottement de l’équipe, jusqu’à impacter la file active.

e.      Les EMPP souffrent peut-être parfois d’un manque de reconnaissance d’appartenance institutionnelle, parce que trop éloignée de la maison mère ( ?), parce que trop inscrite dans le réseau du travail social ( ?), parce qu’intersectorielles ( ?).
En tout cas, il semble qu’il y ait un manque de reconnaissance de ces savoirs par nos collègues. Ces connaissances spécifiques sont même parfois relayées en seconde zone de la psychiatrie… considérées moins scientifiques, moins nobles. (sociatrie…) Pourtant, ces questions concernent tout le champ psychiatrique.

f.        Il y a un fort intérêt à ce que ces connaissances soient conservées. Pour ce faire, une validation, une reconnaissance et une inscription dans la recherche universitaire semblent une bonne piste.   


2.    exemples de Travaux de recherche inter-champS 
 

1.      Souffrances ou troubles psychiques, rôle et place du travailleur social ?
document destiné aux travailleurs sociaux conçu dans le cadre d’un groupe de travail pluri professionnel conduit par la DGS et la DGAS:
http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/travailleur_social.pdf 
Un travail auquel des membres de l’UMAPPP et du CDS  ont participé. dans les années 2002.2003, avant la parution de la circulaire de novembre 2005.Des idées relativement novatrices à l’époque sur la formalisation des modalités de travail partenarial.. 

2.      Des D.U.

 Ex :« La migration traumatique, une pathologie du lien :Souffrance psychique et souffrance corporelle chez les mineurs isolés étrangers ». DU  Rouennais :Souffrance individuelle, psychopathologie et lien social  2010 / 2011 présenté par: SILVESTRO-TEISSONNIERE Christel
Un des plus téléchargé sur le site du RRAPP :http://www.rrapp.fr/download.php?view.47   

3.      De l’importance de la transmission des acquis de l’expérience à l’UMAPPP, par A. COSTE, L. FREYERMUTH, N. VIAL, 2010.
Le cadre thérapeutique, Le secret partagé, Laisser faire pour laisser être, Travail sur le ressenti et non sur la vérité, De l’humilité dans notre pratique, Prendre le temps , Le travail partenarial.
Autant de
concepts fondamentaux que ces 3 infirmiers ont essayé d’inscrire sur papier, dans le but « 
de travailler à une sorte de continuité pour ne pas s’obliger à sans arrêt « défricher le terrain » par la perte des expériences déjà menées ».
http://www.rrapp.fr/page.php?61
  



3.    un projet de recherche en soins infirmiers ?
 

1)     Le PHRIP Afin de financer et de dynamiser les projets de recherche, le ministère de du travail, de l’emploi et de la santé (X. Bertrand et N. Berra) diffuse la circulaire du 4/11/11 : un appel à projet relatif au Programme Hospitalier de Recherche Infirmière PHRI, suivi du PHRIP (fin 2010).Une circulaire unique de la DGOS vers les établissements de santé qui rassemble les appels à projets 2012 en matière de recherche clinique, et qui inclue un volet de recherche infirmière et paramédicale. Des projets financés sur une durée de 3 ans. Projets examinés par un comité de sélection présidé par Monique ROTHAN-TONDEUR, infirmière, titulaire de la chaire des RE et P à l’EHESP.Les projets retenus : (consultables sur www.sante.gouv) 
Les études quantitatives représentent l’essentiel des sujets. 16 projets retenus en 2010, 21 en 2011 sur 113 déposés10/21 sont des sujets déposés par des infirmiers, Des sujets très divers (douleur, ETP, cancéro, pédiatrie, …)
2 seulement dans le domaine de la  psychiatrie :

·        « Pratiques d’information du patient et des familles par rapport au diagnostique de schizophrénie » CHU Strasbourg
·        « Impact d’une pratique infirmière centrée sur la perception corporelle dans l’anorexie » STE ANNE  

2)     L’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique propose un master  sciences cliniques infirmières

Master 1 – Paris

L’objectif du Master 1 est de donner aux étudiants les fondamentaux en soins cliniques infirmiers leur permettant d’accéder au Master 2 spécialisé.

Master 2 – Marseille

Spécialité 1 : Infirmière de pratiques avancées en cancérologieSpécialité 2 : Infirmière de pratiques avancées en gérontologie Spécialité 3 : Infirmière coordinatrice de parcours complexes de soins pour l’entrée en Master 1 : 4 années équivalentes temps plein d’exercice professionnel infirmier (établissement de santé, médico-social ou domicile) ;pour l’entrée en Master 2 : 5 années équivalentes temps plein d’exercice professionnel infirmier en établissement de santé ou médico-social ou au sein d’un réseau ville/hôpital (dont 2 années dans la discipline ciblée pour le master professionnel en pratique avancée) et être titulaire d’un diplôme d’université (DU), ou d’un certificat d’études universitaires (CEU) ou d’un certificat délivré par un organisme de formation certifié. 

3)     Le Conseil national  de  l’Enseignement supérieur et de la recherche habilite un une  maquette d’un Master en sciences cliniques en soins infirmiers qui pourrait voir le jour en septembre 2013.Formation en 2 ans, 10 semaines de cours (1/mois) et 2 semaines de stage.M1 : approche généralisteM2 : 3 spécialisations : clinique en psychiatrie et santé mentale, clinique en maladies chroniques et dépendances, clinique en douleur et soins palliatifs.
Accessible aux IDE avec 4 ans d’expérience, et possédant une licence en recherche clinique, un diplôme de puer, un DU dans le domaine du soin 

4)     Un nouveau département sciences infirmières et paramédicales (DSIP) Dirigé par Monique Rothan-Tondeur, infirmière titulaire d’un doctorat et d’une habilitation à diriger des recherches (HDR), a été créé à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).La mission d’enseignement du DSIP  repose sur le développement de programmes de master et sur une formation doctorale destinés en premier lieu aux infirmiers et aux autres professions paramédicales. Le DSIP travaille principalement avec l’école doctorale 393 Santé publique : épidémiologie et sciences de l’information. Il aspire également à développer des échanges scientifiques internationaux avec les départements en sciences infirmières des universités étrangères.


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